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lundi, 04 juin 2007
Interview de Baudouin Jannink, Cimaise, Paroles d'artistes, juin 2007
Il lui a fallu parfois s'armer d'une patience à toute épreuve, avant qu'ils n'acceptent de troquer le pinceau contre la plume. Mais le jeu valait son pesant de mots.
Cimaise : Le premier livre de la collection « L'art en écrit » est paru en 1991, que faisiez-vous avant ?
Baudouin Jannink : J'avais un emploi dans une banque et m'occupais en même temps d'une galerie avec un ami. Ensuite, j'ai été embauché dans un magazine de voyages. Fasciné par les textes, la maquette, la fabrication, je me suis lancé dans l'édition en 1978, convaincu d'être formidable et que je ne pouvais que réussir ! J'ai commencé par publier des livres d'histoire avant de lancer « L'art en écrit ».
C : Pourquoi souhaitiez-vous que les artistes s'expriment avec leurs propres mots ?
BJ :Pour moi, ils sont mieux à même que quiconque d'expliquer leur art. Lorsque les « spécialistes » s'y attellent, la plupart du temps ils déroutent plus qu'ils n'éclairent. Notre collection n'a pas son équivalent, et j'en suis ravi.
C : Parlez-nous plus en détail de la collection.
BJ : Chaque ouvrage bénéficie de deux types de tirage. Le premier est limité et numéroté, accompagné d'une oeuvre originale signée, réalisée spécialement pour la collection. Son prix varie selon les artistes de 150 € à
800 € ou plus. Le second est la version librairie. Il possède le même nombre de pages, mais sans l'oeuvre signée. Il est vendu 12 €.
C : Est-ce que tous les artistes sont d'accord pour se prêter au jeu ?
BJ : Absolument pas ! Certains refusent, comme Jean-Pierre Raynaud qui affirme n'avoir rien à dire, ou Tom Wesselman au prétexte que le format était trop petit. Parmi ceux qui disent oui, il y a les rapides… et les autres. Pour Baselitz, cela a pris dix minutes, pour Christo, six ans — mais cette attente valait la peine. J'avoue que ça fait longtemps que j'essaie de convaincre Tàpies. Sans succès pour le moment. Trouver des artistes n'est pas compliqué, en revanche persuader ceux que je désire, ça c'est difficile !
C : Comment se passent vos rapports avec vos auteurs-artistes ?
BJ : On se chamaille parfois sur les textes ou la maquette, mais c'est un échange toujours sympathique. Il y
a ceux qui écrivent spontanément, comme Aurélie Nemours, et il y a ceux qui ont besoin de quelques conseils. Mais tous prennent le travail très au sérieux, ils ont peur de rater leur écrit !
C : Vous venez de publier votre 70e titre, consacré à Orlan. Et après ?
BJ : On s'arrêtera à 100. Comme on en sort 4 à 5 par an, j'en ai encore pour quelques années !
>>> SON LIVRE PRÉFÉRÉ
« Tous les livres de la collection sont comme mes petits-enfants, c'est difficile de marquer une préférence. Parmi les premiers, j'ai beaucoup aimé Viallat pour l'esthétique et Rutault, qui sera d'ailleurs à Orsay du 12 juin au 9 septembre. Dans les plus récents, je pense à celui de Roman Opalka, Vis-à-vis d'une toile « non touchée », qui a reçu le prix Artcurial du livre d'art contemporain. »
>>> LES CINQ DATES
15 avril 1973>
Rate un rendez-vous avec la plus belle suédoise de Paris.
14 mars 1981>
Golf : à 2 cm d'avoir réalisé un trou en un.
14 décembre 1992>
Je réussis mes premiers oeufs à la neige.
8 octobre 2003>
Rencontre avec Aurélie Nemours, presque aveugle, qui savait comme personne expliquer son combat artistique.
Tous les matins à 11 heures>
Ouverture du courrier dans l'espoir d'y trouver un chèque !
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